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The journey of Martin Teller and the story of the Arturo Spinoff

31 August 2016 - 7:29

Le parcours de Martin Teller, Business Developper de la spinoff Arturo.

Avant de devenir entrepreneur j’ai travaillé dans le domaine bancaire, dans une banque japonaise. Je m’en suis un peu fatigué et je me suis alors intéressé à l’entreprenariat. En me basant sur mon expérience, j’ai proposé des produits dans le domaine bancaire mais ça a été beaucoup plus difficile que je ne le pensais à l’origine. Le projet n’a pas abouti mais l’aventure m’a intéressé. J’ai continué dans l’entreprenariat car je trouvais que c’était trop intéressant que pour m’arrêter là.

J’ai complété un cycle de formation à Solvay et j’ai entendu dire que le projet Arturo était en train de se mettre en place. J’ai trouvé que c’était un projet très généreux et intéressant, à la fois scientifiquement parlant, mais aussi parce que le fait de pouvoir aider des patients qui souffrent de douleurs chroniques me touche. Cela m’a donné envie de m’investir dans ce projet et d’avoir un impact positif pour des personnes en souffrance.

Dans un premier temps, j’ai travaillé gratuitement pour le projet, en travaillant en parallèle comme programmeur pour un laboratoire de robotique à la KUL. Nous avons ensuite monté un dossier pour essayer d’obtenir un subside auprès d’Innoviris et au final j’ai pu rentrer à temps plein dans le projet grâce à ce subside[1].

Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez décidé de créer cette entreprise ?

Notre projet part d’un besoin concret d’un membre de l’équipe. Notre kinésithérapeute avait un problème pour travailler avec ses patients en centre de réadaptation et voulait travailler avec de la réalité augmentée. Il est venu au laboratoire de polythèque de l’ULB et nous avons discuté de ce que nous  pouvions faire ensemble. C’est sur cette base que notre prototype, qu’on a appelé Arturo par la suite, a été construit.

Avec ce prototype, nous avons mené une première étude clinique dont les résultats furent étonnants. Les douleurs des patients que nous traitions diminuaient significativement, et parfois de manière assez spectaculaire ! C’est cela qui nous a  mis la puce à l’oreille et qui a décidé mes collaborateurs de monter un projet commercial. Je suis rentré au début du projet de spin-off.

En quoi consiste votre produit ?Martin Teller - Arturo

Tout d’abord il faut savoir qu’il n’est pas possible d’éliminer la douleur chronique. Notre objectif est permettre au patient douloureux, à douleur égale, de faire ce qu’il ne pouvait pas faire avant. Améliorer sa condition de vie en quelques sortes. Nous voulons lui réapprendre à moins sentir sa douleur et nous voulons l’aider à se reconstruire à la fois psychologiquement, personnellement et socialement.

Pour cela nous prenons l’image en trois dimensions du patient et nous lui restituons cette image dans un oculus (casque de réalité virtuelle) ou sur une télévision 3D. Grâce à ces technologies, il peut faire des exercices dans une réalité augmenté, se voir réaliser un mouvement sans mobiliser son membre pathologique et donc sans crainte d’avoir mal.

En fonction de la pathologie, Arturo traite les images acquises pour, par exemple, inverser la droite et la gauche. Là on donne des exercices au patient où il utilise son bras sain mais voit son bras pathologique à la place. C’est ce retour visuel retravaillé  que nous utilisons pour réhabiliter la douleur.

Pour les personnes qui souffrent de douleurs neuropathiques mais qui ont été amputées c’est légèrement différent. Elles peuvent avoir des douleurs du membre fantôme. Pour ces personnes, comme on ne peut pas montrer le bras pathologique, on travaille en miroir. C’est-à-dire que si le bras gauche est amputé, on prend l’image du bras droit et on la met en miroir sur le bras gauche.

On a déjà travaillé avec une trentaine de patients, et à chaque fois on a eu une amélioration de la condition de ces douleurs chroniques.

 MyVan-ArturoQuels sont les objectifs futurs de votre entreprise ?

Ce que nous aimerions dans cinq ans, c’est être distribués dans tous les hôpitaux et être reconnus comme étant des experts de la douleur fournissant un matériel de qualité pour les centres de la douleur de par le monde.

Si ça marche vraiment bien, nous aimerions pouvoir distribuer notre produit directement au patient afin qu’il dispose d’une machine chez lui et puisse faire sa séance de rééducation tous les jours pendant cinq minutes, ça ne dure pas beaucoup plus longtemps, pour retravailler la plasticité du cerveau.

A quelles problématiques êtes-vous confronté ?

Il y a bien entendu le challenge technologique puisque nous travaillons avec des technologies complexes de capture et de traitement d’images ainsi qu’avec la réalité augmentée et virtuelle.

Le développement commercial aussi puisque nous ciblons des pathologies bien précises et que nous devons donc identifier et sensibiliser les experts dans le domaine. Nous visons les centres de réhabilitation, centres de la douleur, etc…

Enfin, et ce n’est pas à négliger, il s’agit d’un appareillage utilisé à des fins médicales, nous devons donc faire face à un ensemble de règles et de procédures à respecter par exemple, normes, processus qualité, marquage CE, essais cliniques, etc… C’est d’ailleurs dans cette optique que j’ai pris part à l’accélérateur MedTech mis en place par le Lifetech cluster.

 Comment avance l’entreprise ?

Actuellement nous sommes en grosse phase de réorganisation parce que c’est un nouveau projet. Tout le monde veut contribuer un peu, avec beaucoup de bonnes idées et ça part rapidement dans tous les sens.

Nous aimerions sous peu aller contacter des ONG, par exemple, Handicap International, et voir si on peut travailler avec eux pour aider les victimes de conflits civils.

Avec cela, en plus de notre première étude, nous sommes en plein dans notre deuxième étude clinique pour vérifier les effets d’Arturo à plus long terme sur le patient, l’évolution de sa douleur et de sa qualité de vie.

Nous effectuons aussi une validation économique d’Arturo, donc oui, Arturo avance bien.

 

[1] Le programme LAUNCH d’Innoviris soutient la création de nouvelles entreprises (spin-offs) dans la Région de Bruxelles-Capitale afin de valoriser économiquement des résultats issus de la recherche scientifique.

[English version coming soon] – Interview réalisée par Fanny Horta


        

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